Syndrome de l’imposteur : définition et comment s’en débarrasser ?

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Le syndrome de l'imposteur, définition ?

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Le fléau de beaucoup d’indépendant·es et de freelances, c’est bien lui : le “syndrome de l’imposteur”, théorisé scientifiquement en 1978. À lui seul, il empêche parfois des personnes de se lancer dans un projet, de saisir une opportunité ou de répondre à un appel à candidature. Il nourrit une faible confiance et estime de soi, il fait culpabiliser et pousse à douter, stresser, surcompenser, etc. Des freins énormes, qui deviennent potentiellement maladifs et contraignants au quotidien (côté pro comme perso).

Décryptons ensemble ce qu’implique le syndrome de l’imposteur, et les pistes à explorer pour, à terme, s’en débarrasser.

Un syndrôme qui touche de plus en plus de monde

Si on parle dès le début de cet article de “fléau”, c’est parce que le syndrome de l’imposteur affecte la plupart d’entre nous. En effet, à échelle mondiale, on estime que 7 personnes sur 10 vivraient avec, au moins une fois dans leur vie. 7 personnes sur 10 qui ne se reconnaissent pas comme à l’origine d’un succès, qui doutent en permanence de leurs capacités, qui pensent tromper leur entourage quant à leurs compétences.

D'où vient le syndrome de l'imposteur ?

Différentes manifestations du syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur résulte notamment d’une différence entre la perception que nous avons des autres et la perception que nous avons de nous-même. Il se traduit généralement par du doute en continu, un sentiment de ne pas être à sa place, une peur de ne pas savoir faire et une tendance à se dévaloriser et à minimiser nos réussites. On peut également le déceler dans une conviction profonde que d’autres feront (toujours) mieux que nous ou celle que nos victoires sont forcément dues à des facteurs externes. Comme la chance, “le bon moment”, un coup de pouce, le réseau, etc.

Enfin, le syndrome de l’imposteur ou de l’autodidacte peut se manifester physiquement par des signes d’anxiété, des comportements d’auto-exclusion, un sentiment de culpabilité et parfois des troubles dépressifs.

Les origines du syndrome de l’imposteur

On trouve différentes origines à cet état psychologique, et la plupart se basent sur des dynamiques sociales. Parmi ces dernières, on peut nommer : 

  • – la pression parentale à la perfection quand on grandit (et donc quand on se construit), ou au contraire l’absence de considération et d’affection par des figures parentales (dont nous ne nous croyons pas dignes),
  • – la comparaison constante avec notre entourage et le monde (renforcée par le digital), 
  • – l’absence de représentation de certains groupes sociaux dans des positions de réussite, notamment dans les médias et les productions artistiques,
  • – la valorisation collective des études (les profils autodidactes manquant de reconnaissance immédiate et souffrant d’auto-dévalorisation), etc.

Certaines personnes sont plus enclines à développer ce syndrome, notamment les personnes qui souffrent d’anxiété ou les personnes à haut potentiel émotionnel ou intellectuel. Quant au genre des personnes, le syndrome de l’imposteur s’en moque : les hommes souffrent autant de cet état que les femmes.

Les différents types d’imposteurs

Parmi les différentes expériences du syndrome de l’imposteur, on identifie cinq types (ou profils) récurrents, dont : 

la ou le perfectionniste qui s’impose des objectifs toujours plus hauts et exigeants, cherche la perfection en tout point dans tout ce qu’elle ou il fait et vit son absence comme un échec. Ce profil est synonyme de contrôle : la personne ne délègue pas, elle endosse tout, notamment les potentielles erreurs qui seraient forcément de sa faute (les victoires étant, elles, imméritées à ses yeux).

la ou le super humain·e qui se surinvestit et repousse ses limites (en énergie, concentration, temps consacré) en continu. Ce profil pense prouver sa valeur en multipliant les actions, en excellant sur de nombreux domaines. Le moindre échec ou signe de “faiblesse” confirme les insécurités qu’elle ou il nourrit.

l’expert·e qui considère que pouvoir traiter ou parler d’un sujet nécessite de tout connaître dessus. Sinon, sa parole ne vaut rien. Elle ou il a besoin de creuser toujours plus ses connaissances et compétences, sans quoi il n’a pas de légitimité. 

la ou le solitaire qui ne veut fonctionner ou travailler que seul·e, le fait de demander de l’aide prouvant bien ses limites. C’est une personne qui veut montrer qu’elle est capable, quitte à perdre du temps ou à faire des erreurs en refusant une main tendue.

la ou le génie naturel·le qui se doit de réussir parfaitement à tout du premier coup, sans quoi elle ou il perd pied et nourrit un sentiment de honte. Pour ce profil, il n’y a que deux possibilités : ses capacités sont innées, ou ne sont pas.

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Alors que le syndrome de l’imposteur peut mener à des états d’anxiété sévère et à un burn-out, notamment lorsqu’il implique surcompensation, investissement énergétique démesuré et stress constant, il est crucial d’y trouver des solutions. Aucune n’est miraculeuse, mais toutes peuvent faire leur preuve dans le temps. Il s’agit là de changer de nombreux mécanismes psychologiques (parfois ancrés depuis un moment), alors soyons patient·e et essayons collectivement de nous débarrasser de ce trouble qui nous barre le chemin.

Mettre un terme à la comparaison : et ce en comprenant premièrement ce que nous voyons en les autres et pas en nous. D’où vient cette différence ? Ce que nous pensons et voyons des autres est-il le reflet de la réalité (notamment sur les réseaux sociaux) ? Sommes-nous réellement objectif·ive et n’avons-nous pas tendance à nous diaboliser et à idéaliser les autres ? Dans un second temps, il est vital de refaçonner l’image que nous avons de nous-même.

Identifier (et se souvenir) de nos réussites : avec de l’aide ou par votre propre capacité d’observation, il faut nous rappeler, aussi régulièrement que nécessaire, que nous avons réalisé des choses, trouvé des solutions et vécu des victoires. Dans le domaine professionnel comme dans le domaine privé, nous avons démontré des capacités (quelles que soient leurs formes) et nous devons nous souvenir de leur existence, de leur application et de leurs effets positifs. Pour cela, exprimez-les, parlez-en, notez-les pour qu’elles restent bel et bien vivantes dans votre esprit. 

Accepter de grandir : dans un monde évolutif et complexe comme le nôtre, l’état ultime de connaissances ne peut être atteint. Nous avons des compétences, des capacités, qui sont amenées à bouger elles aussi, et c’est pour le mieux. Avoir conscience que nous avons une marge de progression ne veut pas dire que nous n’avons aucune base solide. Il nous faut donc rompre avec l’idée tristement admise que nous devons être expert·e pour prendre la parole, participer, proposer nos services, pour oser et pouvoir grandir.

S’autoriser l’erreur : nous ne sommes pas des êtres parfait·es, et ne le deviendront jamais. L’accepter, c’est faire un premier pas vers une paix intérieure plus grande et une relation à l’échec plus saine. Se tromper devient alors une occasion de ré-essayer et d’apprendre, et non de se culpabiliser et d’abandonner.

Changer notre discours envers nous-même : en choisissant l’empathie, la patience, l’écoute et l’encouragement (comme on le ferait avec nos proches). C’est un sacré projet, de modifier la voix que l’on entend constamment commenter nos actions, choix et possibilités. Toutefois, il est important d’agir directement sur ce qu’elle dit, de comprendre pourquoi elle le dit (est-ce bien nous qui parlons d’ailleurs, ou s’agit-il des mots d’autres personnes ?) et d’évaluer si cela vaut la peine de garder en tête certaines convictions qui semblent pourtant nous freiner.

En somme, le syndrome de l’imposteur est souvent l’affaire d’une exigence démesurée que nous avons envers nous-même, pour de nombreuses raisons. Elle nourrit nos doutes et affaiblit notre confiance en nous dès que nous ne sommes pas en capacité d’honorer cet objectif insoutenable. C’est un cercle vicieux qu’il est important de combattre afin de mener une relation plus apaisée à notre vie, et maintenir un bien-être mental et physique aussi grand que possible. Pour cela, nous ne pouvons que vous encourager à écouter des podcasts sur le sujet (il en existe des tas !), des récits de vie qui y font référence et à prendre du recul sur ce rapport dur et nocif que nous nous imposons.

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