5 méthodes pour (mieux) gérer les critiques

Élodie Daubié
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homme qui s'énerve et ne gère pas la critique

En entreprise comme dans notre vie personnelle, nous sommes régulièrement confronté·e·s (même sans le vouloir) aux points de vue des autres et à devoir gérer ce qu’on appelle collectivement “les critiques”. Et nous avons tendance à les détester, ces remarques qui nous prennent parfois par surprise et qui semblent souvent blessantes. Le verbe “critiquer” n’a pas bonne réputation.

Pourtant dans une réunion de fin d’année, au fil d’une discussion avec un·e collègue ou pendant un entretien d’embauche, des critiques peuvent nous être adressées : pour souligner un besoin de changement, pour ouvrir une discussion voire même pour tester votre réaction face à l’adversité.

Alors, comme nous ne pouvons pas l’éviter, et que l’accueillir avec méfiance et agressivité n’est pas une option pertinente non plus, apprenons quelques astuces pour mieux gérer la critique.

femme qui ne gère pas la critique

Ne pas prendre les critiques personnellement

Commençons avec une astuce qui fait fortement écho à un des célèbres Quatre accords toltèques (non, l’idée n’est pas de tous les reprendre dans cet article, celui-ci est juste très important dans notre manière de gérer les critiques).

Tout simplement car c’est notre première réaction. On est en train de vous cibler, vous en tant que personne, et cela blesse et induit des émotions négatives. Et c’est normal.

Toutefois, pour apprendre à gérer la critique, il est important de comprendre que nous sommes responsables de son accueil et de l’impact qu’elle a sur notre moral et notre corps. Il nous est possible d’ignorer les feedbacks si souhaité, de les trier ou encore de les analyser pour comprendre ce qu’ils cachent et peuvent produire comme résultats pour nous. À chaque fois, l’important est de se distancer de ces retours de façon automatique pour pouvoir rester dans le contrôle de la situation et la vivre intelligemment. Dans l’analyse et l’échange.

Ne pas réagir à chaud face à une critique

Face à un retour négatif, même s’il est constructif, notre première réaction est souvent d’être déstabilisé·e. Notre égo est heurté, on pense qu’il faut nous défendre, maintenant.

homme qui cri et ne gère pas la critique

C’est là une erreur que nous faisons trop fréquemment. Parce que cette réaction à chaud, elle est vecteur de messages potentiellement négatifs de notre part, dûs au manque de prise de recul sur la situation. Nous n’avons pas pris le temps d’écouter, de percevoir quels sont les points constructifs de cette critique, de comprendre où la personne veut en venir. Résultat : nous passons à côté de la moitié des informations importantes et notre réponse est à côté de la plaque. Elle ne fait pas avancer la discussion ou la situation et, pire, elle peut nous faire passer pour une personne qui n’est pas capable de se remettre en question ou d’accueillir le négatif avec réflexion.

Dans un contexte professionnel ou lors d’un entretien d’embauche, cela peut largement jouer en notre défaveur. Alors faisons ce pas en arrière pour réfléchir aux informations que l’on vient de nous partager. Analysons le tout et proposons, ultérieurement, un retour constructif.

Pour cela, nous pouvons, dès la fin de la critique, exprimer à la personne que nous avons bien entendu ces retours (et la remercier de cette démarche), que nous allons prendre le temps de les considérer et que nous en discuterons très prochainement avec elle (si un délai est possible). Ainsi, vous vous laissez la possibilité non seulement de réfléchir à ce qui vous a été dit, mais également de participer intelligemment à la conversation en faisant valoir votre point de vue plus tard.

Écouter attentivement les critiques

Recevoir des feedbacks est parfois un moment privilégié (si mené avec bienveillance par la personne qui critique) pour mettre le doigt sur nos faiblesses et points d’amélioration. Et sur les attentes de nos interlocuteurs et interlocutrices.

Alors, soyons honnêtes : cela ne fait pas plaisir, et parfois cela va viser des aspects de nous-même que nous préférerions ne pas voir. Et c’est tout à fait normal d’avoir tendance à se braquer à ce moment. L’idée ici est de minimiser cette réaction de rejet en se concentrant sur ce qui est dit et en essayant d’en tirer un retour constructif.

On peut par exemple se poser comme question :

  • ● Ce qui m’est reproché est-il seulement de mon fait ?
  • ● Comment puis-je y apporter une solution ?
  • ● Puis-je être accompagné·e dans la résolution du problème ?

Et même :

  • ● Est-ce que cela me concerne en réalité ?
  • ● Ai-je envie ou besoin d’agir sur ce que l’on me communique ?

Car ce n’est pas une obligation bien sûr : libre à vous d’agir ou non face à la critique, avec pertinence et maturité de préférence dans un cadre professionnel.

Se concentrer sur les points positifs

Nous sommes bien d’accord : toutes les critiques ne se valent pas. Certaines ne sont prononcées que pour nous blesser, ou pire nous insulter. Un commentaire vulgaire sur un post Instagram n’a pas grand intérêt car il ne nous apporte rien et les personnes qui l’ont rédigé non plus.

Il est donc nécessaire de trier les avis que vous recueillez pour identifier ceux qui méritent votre attention et votre temps de considération. Par exemple, une remarque qui revient plusieurs fois, de la part de différentes personnes qui vous semblent honnêtes et constructives, est une opportunité d’explorer un point précis de votre comportement et de travailler dessus (même si ça ne paraît pas aussi positif aux premiers abords). C’est une porte d’entrée vers du changement (chez vous comme chez l’autre personne).
En effet, personne n’est à son état final parfait : il y a toujours de la place pour l’évolution et c’est notamment dans l’écoute et la prise en compte des autres que nous grandissons.

Alors remerciez les personnes qui vous font des retours : elles vous permettent de vous questionner, vous et ce qui vous entoure, et donc de changer positivement.

be positive et gère la critique

Voir ce qui se cache derrière la critique

Il est courant qu’une remarque qui se dirige vers nous camoufle des messages sur son émetteur ou son émettrice.

Vous l’avez sûrement déjà entendu quelque part : nous avons tendance à faire miroiter aux autres les “défauts” et peurs que nous avons nous-mêmes. Analysez donc la situation si la critique est bien à propos de vous avant de formuler une réponse.

Il est également possible que les critiques ne soient pas réellement négatives : peut-être que votre collègue qui vous parle manque de tact, prend un ton trop sérieux ou n’a pas su choisir les bons mots pour décrire la situation. Une mauvaise interprétation du langage de votre part peut aussi envenimer une conversation qui n’avait aucune intention malveillante. Soyez donc à l’écoute et essayez de dépasser la forme pour vous concentrer sur le fond du message, le vrai.

Enfin, peut-être êtes-vous dans un état mental qui vous empêche d’accueillir toute remarque de façon constructive (à cause du stress, d’un surmenage, de douleurs physiques qui monopolisent votre attention, etc.) ? Soyez conscient·e de vos propres dispositions et de leur manière d’affecter la situation. Le message pourrait changer du tout au tout avec une tête plus légère pour le recevoir.

En somme, faire face à la critique et la gérer correctement, c’est privilégier l’analyse et l’écoute dans nos interactions sociales. Pour que les échanges restent constructifs collectivement, dans le cadre d’une entreprise comme dans celui de notre vie privée.

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